LE MONDE (06/03/1999) / Anne BUSTARET
Jean DAVID interprète L'ENFANCE DE SALOMON de Claude Henri Rocquet

Lorsque Salomon raconte son enfance à Balkis, reine de Saba, il évoque son père David, les chants et le récits dont il a été nourri : le déluge et l'Arche, le combat avec Goliath et même l'annonce lointaine des rois mages. Conteur, chanteur et joueur de luth, né au Maroc d'une famille juive et élevé en France, Jean David mêle et retrouve ses racines culturelles et religieuses dans ce conte biblique, écrit par Claude -Henri Tocquet, qu'il agrémente de chants en hébreu du Chir Hachirim. Irritante peut-être pour les petits zappeurs trop pressés, cette écoute réserve ses merveilles aux rêveurs et aux silencieux.


DAUPHINÉ LIBÉRÉ (11-05-97) - Gilbert JEAN
QUAND PASSE UNE COLOMBE....

Un grand moment d'amour et de poésie partagé avec le luthiste Jean David messager du Cantique des Cantiques....
Une présence, une voix, une foi... c'est à un récital bien étrange que Jean David conviait son plublic. Homme de communication, porteur d'un message d'amour, le luthiste a voulu faire partager un grand moment de passion à partir d'un des plus beaux poèmes de la littérature religieuse, le Chir Hachirim ou Cantique des Cantiques.
Les notes s'envolent vers Jérusalem. Humble, agenouillé, de blanc vêtu au milieu d'une scène au ciel changeant, le chanteur précède le musicien et trouve à l'intérieur de lui-même les résonnances qui, remontant du plus profond de son être, vont faire vibrer l'espace et ss'en aller toucher le public. Alors, les doigts virtuoses viennent viennent frôler les cordes du luth, lequel se prend à voyager vers...Jérusalem
Le Cantique des Cantiques ainsi transmis, par les inflexions mélodieuse de la voix et le jeu magique de l'instrument, retrouve toute sa poésie pure.
Conteur, chanteur, musicien, Jean David célèbre "l'hiver de l'exil", "le printemps des fiançailles", l'été des noces", "l'orage d'été", "l'automne des fruits", "l''arrière saison dorée", toutes les saisons des amours humaines sous le regard du Créateur.
Pour être en paix avec soi-même.
Quand le récital s'achève, c'est comme une note, une voix, une lumière qui s'éteint. Un murmure, un souffle puis plus rien...Jean David demande alors au public de laisser parler le silence en retenant tout applaudissement. Amour pour les uns, adoration pour les autres, le message, artistique ou religieux, est passé comme si une colombe avait traversé l'espace scènique.
Les spectateurs attendront de retrouver le luthiste dans le foyer du théâtre pour s'entretenir avec lui. Là, la transformation sera fulgurante. Jean David, très entouré, se montre volubile. Son verbe, aussi généreux que sa musique, raconte sa rencontre avec le Cantique des Cantiques au moment où il avait le plus besoin de secours. Il se souvient aussi de son père.
"Mon père était un homme de prière, confie Jean Davie, je suis aussi devenu un homme de prière mais je veux faire partager cela en tant qu'artiste. Cantique des Cantiques, c'est le chant de la paix. Nous devons tous écrire notre "chant des chants" mais il faut être en paix. Ce soir j'étais en paix".

 

ON DEVIENT CE QUE L'ON CHANTE par Jean-Yves Leloup

Depuis de longues années Jean David cueille la myrrhe et le baume, mange le miel et le lait du Chir Hachirim, “Chant des Chants”... ;Si on devient ce que l’on aime, on devient aussi ce que l’on chante...
Le luth de Jean David n’est pas une main de trop pour dire à la Bien-Aimée toutes ses formes et son secret, sa “source scellée”... ;La langue où se mêlent les aromates d’Israël aux parfums de France n’est pas une langue étrangère, mais une langue de feu sur nos corps éloignés... La voix n’a pas oublié les souffles de l’Hermon, les cîmes d’Amana, brise légère parfois, mais encore Borée, Simoun, elle donne à respirer
au jardin de l’âme.


Gérard KURDJIAN - Directeur Artistique du Festival de Fes des musiques sacrées du monde - 1996
Présentation pour le 52 minutes "spécial Festival de Fes" diffusé par la cinquième chaîne.

JEAN DAVID, c'est l'expression d'une vieille, vieille, vieille Tradition puisqu'il a chanté les Chants Bibliques, les Chants du Roi Salomon,
LE CANTIQUE DES CANTIQUES.
C'est un homme intéressant parcequ'il interprète à sa façon, qui est vraiment particulière, avec une fascination particulière qui se dégage de lui
des Chants qui sont les Chants de ses propres racines à lui.
Il revit la Tradition Juive à sa manière; il s'accompagne au luth avec un style qui lui est propre et finalement il rejoint quelque chose d'immémorial
qui est une sorte de psalmodie de l'homme seul face à l'immensité, de l'homme seul face au désert, de l'homme seul face à des forces qui le dépassent. Et il exprime avec beaucoup de foi, avec beaucoup de douceur;
Et c'était évident dans cet ordre d'idée de le mettre à Volubilis qui est un site archéologique, aussi sous cet arc de triomphe qui se dégageait sur
cet horizon lointain barré par des montagnes; et je pense que son concert a touché beaucoup de gens.

 

LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ (26/03/2001) / Jérôme MONTCHAL

à l’Hexagone de Meylan Un souffle d’amour.
Presque rien, une lumière verticale surnaturelle, puis Jean David vient sur scène doucement, presque furtivement, pas une respiration dans la salle. Il s’installe, prend son luth et commence imperceptiblement à jouer. Il chante d’un son jailli du plus profond de son coeur, égrène quelques versets en hébreu. C’est le «Cantique de Cantiques», le joyau d’amour de la Bible.
«J’ai rêvé que j’étais une corde de mon luth pour pouvoir laisser parler mon coeur»
Une atmosphère sereine s’installe. Dieu se fait chant et musique. A genoux sur son humble tapis, l’artiste sert l’oeuvre. Pour lui, c’est à l’auditeur de «trouver son pourquoi» dans son spectacle.
Jean David aime parler de son luth, pour lequel, après avoir abandonné les interprétations de musiques anciennes, il compose désormais, s’appuyant sur ses trente années de pratique de l’instrument, et sur différentes sources médiévales et orientales.
Pour l’artiste, «Le Cantique des Cantiques» doit évidemment être chanté en hébreu, cette langue dans laquelle il a été écrit, car elle «vibre», à l’image de son instrument, et «satisfait les sens» par sa sonorité si particulière. Pour comprendre le sens, il chante et récite, comme une litanie, le texte intégral en français.
Sur scène, tout au long du spectacle, sont projtées les peintures et les sculptures de l’artiste d’origine russe Alexis Obolensky, qui connait le musicien depuis longtemps.
Un jour, pendant que David chantait dans le jardin d’Obolensky, le plasticien a rapproché tout près du musicien ses sculptures aux traits africains et aux beaux effets de matière, non pas comme une illustraion, mais plutôt comme une discussion.
Les oeuvres répondent aux compositions musicales et aux chants, au point de rencontre entre la naïveté de l’icône, la sereine force des oeuvres de l’art copte et la puissante plastique de Chagall. Alexis Obolensky connaît d’ailleurs bien ce dernier pour en avoir été l’assistant lors de la rédaction de ses mémoires
Les regards de ses personnages évoquent si singulièrement l’amour, qu’ils sont le reflet de ce «Cantique des Cantiques» de ce désir absolu d’aimer jusqu’à l’ivresse. Des sentiments que nous distille Jean David dans ce poème envoûtant, ce souffle épique et intime.


LA CROIX (27/11/1998) / Anne BUSTARET
Jean DAVID interprète L'ENFANCE DE SALOMON de Claude Henri Rocquet

Du Bethléem du jeune berger, David à l'adoration des Mages dans la crèche, Salomon conte à Balkis, reine de Saba, l'histoire de son père : par exemple comment David tua Goliath. En épilogue, ce fils reçoit de la reine le don du chant en échange de la harpe de son père. Au long de ce beau parcours initiatique, on se laisse ganer par la voix du conteur, par ses silences, son luth et ses magnifiques chants en hébreu



D’après une présentation d’Henri RENOUX CHIR HACHIRIM-CANTIQUE DES CANTIQUES
(Récital pour voix et luth, en hébreu et français)
UN CHANT D’AMOUR POUR AUJOURD’HUI LA PAIX.

Une femme et un homme s’aiment. Ils se disent et nous disent leur amour. Et leurs poèmes traduisent si bien les sentiments éprouvés par toute personne aimante et aimée qu’ils se transmettent de génération en génération. Nous nous reconnaissons dans l’expression de leur désir, de leur espoir, de leur angoisse, dans la joie de leurs retrouvailles, dans la passion de leurs corps, dans l’élan de leur âme.
Cette expérience amoureuse est ressentie, par les traditions juive et chrétienne, comme quelque chose de l’ordre du divin :
L’amour est un chant, le chant par excellence, le Cantique des Cantiques. »
Avec sa musique à lui, avec sa voix, avec son luth, JEAN DAVID interprète ce Chant, dans la langue de ce Proche-Orient qui est au cœur de notre amour et de notre espoir, comme dans la langue aux parfums de France… Audace consciente de mêler les écritures et les langues comme sont mêlés les peuples, prophétiquement tissés ensemble dans la paix.

 

Anne BUSTARRET / journaliste au Monde et à La Croix
L’ENFANCE DE SALOMON de Claude-Henri Rocquet

JEAN DAVID raconte et chante L’ENFANCE de SALOMON au théâtre du Garde-Chasse des Lilas.
Ce spectacle honore les enfants en ce qu’il les estime capables de recevoir et de partager, même s’ils n’en comprennent pas tout, un précieux patrimoine culturel commun aux trois religions monothéistes de l’Occident : la Bible et ses figures fondatrices. Salomon (Jean David) y évoque en poèmes ou en récits épiques ou en chansons son père David, ses ancêtres qui ont vécu le Déluge avec Noé, et même ce que vivront les Mages à Bethléem.
Baigné de lumières chaudes, le conteur chanteur se donne corps et âme à ce qu’il dit et le beau texte français de Claude-Henri Rocquet alterne avec des pauses musicales où Jean David chante en hébreu des compositions de sa façon, finement accompagné de son luth. Dans la salle de quatre cents élèves de 6ème qui assistent au spectacle, on entendrait une mouche voler, tant l’attention est grande. Il est vrai que dans la semaine, Jean David est passé dans chaque classe, et les enfants se sont familiarisés avec sa voix et son personnage hors du commun, ils savent qu’il peut chanter en arabe, en hébreu ou en français et qu’il appartient de naissance ou d’adoption à ces trois cultures. D’ailleurs, l’artiste a soin de terminer son spectacle par un partage symbolique de grands pains plats entre les jeunes spectateurs, eux-mêmes héritiers e ces diverses traditions.
Un très beau spectacle dont la mise en scène de M..J Thomas, sobre et originale, accentue la portée.